Publié : 23 juillet 2010
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    Roger AUMONT

    Roger AUMONT (Paul, Jules), n° 45185

    Informations extraites de
    http://www.memoirevive.org/biographies/45185.html

    Il naît le 13 décembre 1903 à Saint-Sever (Calvados - 14).
    Au moment de son arrestation, il est domicilié route de Vire à Sourdeval-la-Barre (Manche - 50), marié, il a deux enfants.
 Fromager, il effectue des livraisons auprès des épiciers détaillants, ce qui lui permet de circuler dans le secteur durant l’occupation. 
Il est secrétaire de la cellule communiste de Sourdeval.

    En 1940, il aide la direction de son parti à reprendre des contacts dans la région. Il prend liaison avec le groupe “Jean Fresnay” de Saint-Michel-de-Montjoie (Manche - 50). Sa mère, coiffeuse, abrite un petit groupe dont fait partie son fils et son garçon-coiffeur, André Blouet. Ce groupe confectionne des tracts anti-allemands qu’il distribue ou adresse par voie postale. Roger Aumont crée plusieurs groupes d’action à Sourdeval. Il prépare le sabotage d’un train de matériel mais la tentative échoue.

    Apprenant avec indignation l’exécution, le 22 octobre 1941, des otages de Châteaubriant, Nantes et Bordeaux, il organise avec l’hôtelier Jules Lanssade et l’ouvrier Jacques Bazin, une collecte dont le produit est destiné à l’achat d’une gerbe portant sur le ruban : « Aux fusillés de Nantes et de Bordeaux ». Elle est déposée le 1er novembre au Monument aux Morts (ce fait est mentionné sur sa fiche d’otage établie par les autorités allemandes). Le Maire fait retirer le ruban, mais la population manifeste sa solidarité, si bien qu’il renouvelle son geste le 11 novembre. Le Maire fait alors appel aux Renseignements généraux de Saint-Lô qui arrêtent Roger Aumont (le 12 ou le 14 novembre). Il est interné au camp français de Gaillon (Eure - 27), un château Renaissance isolé sur un promontoire surplombant la Seine et transformé en centre de détention au 19e siècle, puis en caserne.
 Le 3 mai 1942 (à vérifier…), il est remis aux autorités d’occupation à leur demande et transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise - 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 - Polizeihaftlager).

    Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
 Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

    Le 8 juillet 1942, Roger Aumont est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I), peut-être sous le numéro 45185, selon les listes reconstituées (la photo d’immatriculation correspondant à ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée).

    Il meurt à Auschwitz le 15 octobre 1942, selon les registres du camp.
    Sa femme, Irène, a continué le combat après l’arrestation de son mari.
    La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 7-06-1987).

    Sources :

    
- De Caen à Auschwitz, par le collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive, éditions Cahiers du Temps, Cabourg (14390), juin 2001, page 22, notice de Cl. Caron-Hamet page 131.

    - Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 62, 366 et 393, citant une fiche d’otage (archives du CDJC, XLIII-13).

    - Archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), Paris ; liste XLI-42, FK-722 n° 5.

    - Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrit, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 36 (36062/1942).