Publié : 23 juillet 2010
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    Pierre PIQUENOT

    Pierre PICQUENOT (Jean, Marin), n° 45984

    Information extraites de
    http://www.memoirevive.org/biographies/45984.html

    Il naît le 6 juillet 1900 à Hainneville*, agglomération de Cherbourg (Manche - 50).
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 129, rue Saint-Sauveur à Octeville, agglomération de Cherbourg (50). Il est marié, père de deux enfants.
Ouvrier métallurgiste, il est chaudronnier à l’Arsenal de Cherbourg. Militant communiste, il diffuse notamment la presse du parti.
Pendant de la guerre, il est révoqué de l’Arsenal.

    Le 21 octobre 1941, il est arrêté à son domicile par les autorités allemandes, comme Pierre Cadiou, d’Equeurdreville. D’abord détenu à la prison maritime de Cherbourg, il est transféré à celle de Saint-Lô, puis interné au camp français de Gaillon (Eure - 27), un château Renaissance isolé sur un promontoire surplombant la Seine et transformé en centre de détention au 19e siècle, puis en caserne.
Remis aux autorités d’occupation à leur demande, il est transféré au allemand de Royallieu à Compiègne (Oise - 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 - Polizeihaftlager).
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Pierre Picquenot est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45984 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).
Il meurt à Auschwitz le 27 août 1942, selon les registres du camp**.
Il est déclaré “Mort pour la France”.
La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (14-12-1997).


    
* Commune aujourd’hui unie à celle d’Équeurdreville.


    ** Concernant la différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil :
Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil - dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés - ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ. Concernant Pierre Picquenot, c’est le 15 septembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès.
Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.

    Sources :

    -  Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 366 et 417.
    -  
- De Caen à Auschwitz, par le collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive, éditions Cahiers du Temps, Cabourg (14390), juin 2001, notice de Cl. Caron-Hamet page 130.

    -  - Message de Sylvie Cauvin, petite-fille de Pierre Picquenot (05-2006).

    -  - Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrit, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué).